Va, chasse la grisaille : Extrait du premier chapitre

Sans sueur je n’obtiens que du vent. Pluie sur mon visage, fraîcheur dans les narines, satisfaction immédiate des sens mais pas d’accomplissement. Travailler. Me lever le matin, dans la difficulté. Cinq minutes. Le réveil sonnera encore une fois. Je ne l’entends pas. Je ne vais pas en cours. Fermées les vannes de la volonté. Je n’ai pas pu glisser mon pied dans la porte avant qu’elle ne se ferme. Me lever sans entrain. Les sens engourdis, la conscience dans la brume, mes chaussettes crasseuses en fait d’humeur. Le docteur l’a dit, ce gros mot, il l’a dit comme il aurait dit un rhume : dé-pres-sion. Il a donné un traitement, comme le rhume. Un par jour, revenez me voir dans deux mois, il a dit. J’ai regardé la feuille, j’ai regardé mes pieds, ils avançaient. Carrelage, odeur de pommade et de gaze stérile, paroles. Oui, j’ai la carte Vitale, oui j’en voudrais une boîte s’il vous plaît merci au revoir. Et un sourire par-dessus le marché. J’ai regardé la boîte de pilules, j’ai regardé mes pieds, ils avançaient encore. Gris, gris, gris, disait le sol. Gris gris gris répondait le ciel. Gris. Mes chaussures. Gris. Mon pantalon. Bleu. Gris.

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